Un peuple pleure,
pleure un peuple
parce qu’il aime sa Terre !
Un peuple pleure,
pleure un peuple
parce
que son Dieu, c’est la Terre !
Un peuple pleure,
tombe à genoux, supplie !
Un peuple décimé pleure
serrant sa descendance
contre le cœur de la Terre,
implorant la protection du vent,
de la pluie et du soleil !
passe
une rivière
qui fait croître
leur pain
quotidien.
Un peuple pleure,
pleure un peuple
parce qu’on tue sa rivière !
Un peuple pleure,
pleure un peuple
parce qu’on noie sa Pachamama !
Un peuple veut chanter et pleure
parce qu’on lui vole son sourire !
Des larmes de sang
arrosent des entrailles
sèches
à force de pleurer !
La fille du soleil reçoit les larmes dans son
calice :
perles de diamant miroitant sous le soleil,
dégoulinant sur son visage
que ravage l’avarice blanche.
Quelque chose de kaki tombe avec force
sur la peau de la fille du soleil,
sur la peau de la fille de la lune,
sur leur bouche inquiète.
Une clé tourne … deux fois … trois fois.
Des murs de fer étouffent la colombe
qui demande pour son peuple,
l’intolérable :
Droit au patrimoine ancestral et liberté :
pour vivre en paix avec sa couleur,
avec la couleur des autres races,
avec la couleur de la nature,
des fleurs et des arbres ;
avec toutes les couleurs
de la vie.
Un peuple pleure
parce qu’on lui arrache l’âme !