27 février 1999

 

Un peuple pleure,

pleure un peuple

parce qu’il aime sa Terre !

Un peuple pleure,

pleure un peuple

 parce que son Dieu, c’est la Terre !

Un peuple pleure,

tombe à genoux, supplie !

Un peuple décimé pleure

serrant sa descendance

contre le cœur de la Terre,

implorant la protection du vent,

de la pluie et du soleil !

 

Sur la terre

          des indiens

                    passe une rivière

                               qui fait croître

                                              leur pain

                                                       quotidien.

 

Un peuple pleure,

pleure un peuple

parce qu’on tue sa rivière !

Un peuple pleure,

pleure un peuple

parce qu’on noie sa Pachamama !

Un peuple veut chanter et pleure

parce qu’on lui vole son sourire !

 

Des larmes de sang

arrosent des entrailles

 sèches à force de pleurer !

 

La fille du soleil reçoit les larmes dans son calice :

perles de diamant miroitant sous le soleil,

dégoulinant sur son visage

que ravage l’avarice blanche.

 

Quelque chose de kaki tombe avec force

sur la peau de la fille du soleil,

sur la peau de la fille de la lune,

sur leur bouche inquiète.

 

Une clé tourne … deux fois … trois fois.

Des murs de fer étouffent la colombe

qui demande pour son peuple,

l’intolérable :

 

Droit au patrimoine ancestral et liberté :

pour vivre en paix avec sa couleur,

avec la couleur des autres races,

avec la couleur de la nature,

des fleurs et des arbres ;

avec toutes les couleurs

de la vie.

 

Un peuple pleure

parce qu’on lui arrache l’âme !