Les dés de l’invisible

Je regarde et je dis :

“Lève-toi et marche ! ».

Mais je ne sais pas

si mon regard est insuffisant

ou si je parle trop.

Je ne sais qu’une chose,

c’est que personne ne me dit rien.

Et je sais que rien, c’est rien ;

et parfois moins que rien ;

que personne ne fait rien pour rien.

Et pourtant, c’est dans rien,

dans le vide qui n’est pas vide,

que l’on jette les dés de l’invisible,

transformant tout en rien,

et créant d’un rien

une sagesse immense.

 

30 juin 2000