À Monsieur Albert Chantraine, Poète-Écrivain au service de la Paix

 

 

L’arbre

 

Une grande tempête s’acharne contre un arbre déjà vieux

aux branches innombrables et aux racines infinies.

Le vent souffle avec furie faisant tomber son feuillage

cassant ses branches en mille morceaux.

 

L’arbre nous regarde avec ses yeux qui voient tout

sans que personne ne le sache.

Ses racines s’agrippent désespérément à la terre qui s’en va

les laissant nues au mauvais gré du vent.

 

Et l’arbre pleure,

pleure tellement qu’il épuise sa sève !

Ses forces faiblissent.

Il se sent fatigué,

trop fatigué !

 

Va-t-on le laisser dans ce triste état ?

se dessécher ainsi ?

Ou va-t-on lui apporter de la terre

pour protéger ses racines,

pour qu’il puisse subsister ?

 

L’arbre n’a presque plus d’espoir.

Où trouvera-t-il l’énergie nécessaire

pour bourgeonner à nouveau ?

Le soleil voudra-t-il le réchauffer ?

La pluie voudra-t-elle le désaltérer ?

Et le vent cessera-t-il

dans sa rage destructive ?

 

Les oiseaux chantent : lutte ! lutte !

Nous avons besoin de toi !

Nous volerons jusqu’au soleil pour lui demander sa chaleur.

Nous demanderons au vent de faire plus attention,

de souffler plus doucement…

 

Nos enfants s’endormiront

tendrement balancés.

Et toi… Toi, tu vivras !!

 

 

Mariette Cirerol