Décembre 2000

 

Elles sont loin, très loin, tellement loin,

les neiges blanches de son enfance.

Il avait froid, il s’en souvient,

blotti dans sa prison glacée.

 

Mais la gelée rompit la chrysalide

et le papillon s’envola vers le soleil,

loin, très loin, tellement loin,

si loin des glaciers du Nord.

 

Maintenant, vois, il est si près de toi,

il vole, déployant ses ailes folles,

buvant la sève de tes paroles.

Il s’expose, nu devant ton verbe.

 

Près, si près, si près de ta flamme,

se pose le papillon blanc.

Il quémande ta chaleur.

Ne l’éloigne pas !