Les Anges Gardiens
par Mariette
Préface de l’auteur
C’est un livre qui
vous semblera fantaisiste. Il tient beaucoup du rêve ; mais, dans ce rêve
se cache une réalité latente. Tout est imaginaire, pourtant c’est une fiction
de la réalité. Je voudrais que ce soit vrai, et peut-être l’est-ce mais ne peut
être raconté qu’enveloppé d’un voile de poésie. C’est quelque chose qui vit en
moi depuis très longtemps et qui a besoin de sortir à la lumière.
« AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES » dit Jésus.
Et moi qui ne suis pas parfaite, je vous dis : AIMEZ-VOUS COMME JE VOUDRAIS ÊTRE AIMÉE.
LISEZ-MOI, que ce soit votre premier acte d’amour envers moi, et DIEU FACE QU’IL VOUS SOIT RENDU AU CENTUPLE.

Cette photo a été prise en février 1967, quelques jours
après notre arrivée à Adra. Nous avons vécu dans un
appartement jusqu’à l’été, alors qu’une chambre put être aménagée sur le
terrain de LA HABANA pour nous. De gauche à
droite : moi ; Lorenzo ; caché derrière Lorenzo, Roberto ;
et tout à droite Manuela et Alain.
Chapitre 1
Nous nous trouvons dans un lointain futur, les habitants
de la Terre
sont devenus quelque peu meilleurs, plus humains. La science a évolué, la
communication entre pays s’est simplifiée. L’esperanto est adopté comme langue
commune, étant enseignée dans toutes les écoles du globe, en plus de la langue
nationale. Les gouvernements ne se font plus la guerre, ils se sont unis et se
préparent ensemble pour conquérir l’espace.
La dernière
découverte et le plus grand espoir des terriens, c’est le vaisseau spatial
« GALAXIA ». Il a la forme d’une toupie,
mesure 500 m.
de diamètre, et est entièrement construit en un verre spécial, résistant les
températures les plus élevées.
Ce vaisseau a un
moteur quasarien dix millions de fois plus puissant qu’un moteur atomique. Avec
ce moteur, le navire peut voler à la rapidité de la lumière. Sa forme sphérique
et le mouvement de rotation axial lui permettent de se visser dans l’air sur un
point fixe, ce qui est très pratique pour l’observation. Il n’émet aucun bruit,
et avec toutes les lumières éteintes, il peut passer inaperçu. Ce vaisseau
fabuleux se trouve sur la lune, base spatiale de la
Terre. Il a visité toutes les planètes du
système solaire et est prêt pour entreprendre un voyage à autour de Proxima,
l’étoile la plus proche de la
Terre, dans la constellation de Centaure.
Malheureusement, la Terre est maintenant menacée
par une comète géante, dont l’orbite passera précisément au travers de son
centre. Plus aucun doute n’est possible, la collision aura lieu dans trois
mois.
Il s’agit d’une
comète inconnue, jamais registrée au cours de l’histoire de notre planète, ce
qui nous fait penser qu’elle provient d’un autre système solaire.,
Il est encore impossible de la contempler à l’oeil nu. Seuls, les astronomes
professionnels ont pu la détecter avec leurs puissants appareils. On dit que son poids est dix fois majeur que les plus grandes comètes de notre système, qui
pèsent déjà environ dix mille millions de tonnes. Ce qui signifie que la Terre entrera en collision
avec un astre gazeux dont la masse peut peser plus de cent mille millions de
tonnes. Et ce n’est pas tout, les analyses spectrales révèlent des gazes
extrêmement toxiques, capables d’éliminer toute trace de vie.
Une terrible
angoisse plane sur notre globe. Pourtant il y a un jeune locuteur de radio
télévision qui lutte pour ne pas se laisser envahir par la peur. Il veut se
convaincre qu’il existe une possibilité de subsister et tâche de se calmer et
de calmer ses semblables en communiquant son espoir à travers les ondes.
Partout sur la
planète règne une profonde dépression. Presque personne se
rend à son travail. Pour quoi travaillerais-je ? – se demandent-ils – si
demain peut-être que nous serons tous morts.
Au contraire des
autres, Adam cherche de l’aide dans son travail. Il émet presque sans
s’arrêter.
– Mes frères, je
vous en prie, écoutez-moi. Rien n’est encore perdu. Il peut y avoir un futur
pour l’humanité. Il dépend de nous de le rendre possible. Mais nous devons nous
unir tous dans cette entreprise. Il faut avoir confiance en nous et en Dieu,
cette force qui est en nous. Il faut lutter contre la fatalité. Dans chacun de
nous sommeille la force de volonté que nous avons besoin pour survivre. Réveillons-la
!!!.
Adam met tout son
espoir dans ses paroles ; et dans son fort intérieur, il prie :
« Mon Dieu, je t’en prie, ne permet pas que les gens abandonnent
l’écoute ».
Et bien oui, il y
en a qui écoutent. Ici et là bourgeonne la foi. Elle
pousse et se multiplie, et donne des fruits. Pourvu qu’elle nous sauve de
l’annihilation !!!
– Nous ne devons
pas perdre le peu de foi que nous avons. Au contraire, nous devons en prendre
grand soin, ne surtout pas la laisser se refroidir. Il faut que cette foi
grandisse. N’oublions pas que la science a fait beaucoup de progrès ces
derniers temps et cela devrait nous donner des ailes.
– Nous nous sommes
déjà éloignés de notre système solaire et nous sommes retournés sur la Terre. Nous pouvons le faire à
nouveau, ce serait une solution, mais seulement pour une petite, très petite
partie d’entre nous. Malheureusement, nos vaisseaux ne suffiraient pas pour
tous. Que ceux qui peuvent en profiter qu’ils le fassent. Mais pour les autres,
la majorité, il faut trouver une autre solution ; et nous la trouverons.
Adam continue à
parler pendant des heures, exposant tous les arguments qui lui passent par la
tête pour réveiller son courage et le courage de tous ses semblables ;
pour obtenir que tout le monde sur le globe s’unisse et travaille
ensemble ; ce qui vraiment n’est pas facile. Il parle, il parle jusqu’à-ce
que sa gorge se sèche. Alors, il s’arrête un moment, s’appuie contre le dossier
de son fauteuil et ferme un instant les yeux. Mais son cerveau reste alerte et
continue à travailler. Il sait qu’ils ne vont pas collisionner contre un bolide
solide, mais contre quelque chose de transparent, sans corps défini, qui
s’étendra et envahira la Terre,
qui l’embrassera d’une étreinte mortelle. Les gazes seront doux,
ils s’infiltreront progressivement sans brusquerie, mais balaieront tout
souffle de vie d’une façon fulminante, laissant notre planète nue et prête pour
ce qui pourra surgir dans un futur que nous ne connaîtrons pas. Les gazes ne se
voient pas. On ne peut pas se battre avec eux... Et Adam se demande :
« Auront-ils une certaine odeur ces gazes ; pourrons-nous les
détecter lorsqu’ils s’approcheront ; pourront-nous au moins tâcher de les
fuir ? » ... Les analyses spectrales ne donnent pas de réponse à ces
questions. Pour le savoir, il faudrait les respirer et, par conséquence, être
disposé à mourir. Au fait, nous pourrions mourir sans même nous en rendre
compte. Le moyen le
plus sûr de le vérifier, serait
d’observer le
comportement d’un
animal, depuis un lieu protégé... ...
Sûrement que les
scientifiques ne dorment pas et qu’ils auront trouver une solution avant que
ces gazes nous tombent dessus. Le principal si nous voulons nous sauver, c’est
que nous nous mobilisons tous, chacun dans ses connaissances et possibilités.
Nous ne devons dans aucun cas nous laisser envahir par le désespoir. Sans
effort, nous n’arriverons à rien.
Adam n’aime pas
penser à la mort. Elle lui fait peur, elle lui fait très peur ; et ce qui
est plus terrible encore c’est qu’il ne peut confier sa frayeur à personne. Il
doit lutter seul contre elle, parce que la mission que lui donne le destin
n’est pas de se complaindre mais d’aider les autres à vaincre leurs craintes.
Il doit leur insuffler de l’espoir et pour cela, il doit d’abord l’acquérir
lui-même. Pour survivre il ne voit pas d’autre moyen que se réfugier sous terre
le plus profondément possible. Pour cela il faut que tous se mettent à l’oeuvre
partout dans le monde. Á travers les ondes il est facile do communiquer avec
d’autres locuteurs dans les quatre coins du monde, qui, Adam l’espère, fassent
comme lui, émettent sans arrêt pour que les nouvelles courent partout, qu’elles
s’épandent, que les gens prennent conscience et s’activent, chacun depuis sa
force et connaissance. Le temps presse !!! C’est le moment de travailler.
Quand nous aurons réussi à nous mettre tous à l’abri, alors nous pourrons nous
reposer, prendre des vacances ... avant, non !!!
Alors on creuse,
on creuse. Partout on creuse. On arrive à 300 mètres sous terre, où l’on
construit des abris avec tout le nécessaire pour survivre. Tant que nous
n’aurons pas trouvé une source d’électricité adéquate, nous nous allumons avec
des lanternes à piles spéciales qui se chargent au fur et à mesure de la
décharge. Chaque abri a son propre jardin potager pour cultiver toute sorte de
légumes qu’il soit possible d’y faire pousser. Des ouvertures en forme de
cheminée montent jusqu’à la surface pour que les gens puissent descendre
jusqu’aux refuges.
En creusant des
passages on trouve parfois des clairières naturelles baignées d’une lumière opaque et
bleuâtre , due , semble-t-il, à une plus grande
concentration d’air comprimé. Plus la clairière est spacieuse, plus il y a de
lumière. Dans ces clairières, pousse une drôle de végétation qui résulte, pour
ces lieux, une source inappréciable d’oxygène. On se demande d’où provient
réellement cette lumière ? Au dehors, l’atmosphère est bleue, mais
seulement sous les rayons du soleil.
On réussit a construire de véritables hameaux souterrains. Lorsque tout
semble prêt pour être habité, l’on procède à la répartition équitable de ce qui
peut avoir une certaine utilité sous terre. Chaque personne ne peut conserver
que ses objets personnels ; les autres possessions pouvant servir sont
réparties entre tous, ou simplement abandonnées.
L’argent sous
toutes ses formes est collecté et fondu pour la fabrication des objets qui
s’averront nécessaires pour mieux nous accommoder dans la vie qui nous attend.
Une vie différente et plus solidaire. Des uns doutent que ça marchera. Il le
faudra bien. Il est vrai qu’il est difficile aux humains de changer leurs
habitudes et il se peut fort bien, que lorsque tout rentrera dans l’ordre, que lorsque
nous pourrons retourner sur la surface, le capitalisme reprenne ses droits, les
paresseux et les plus malins profitent à nouveau du travail des autres et les
banques repoussent comme des champignons. Mais maintenant, il y a une seule
voie possible de survie : celle de la solidarité.

Automne 1968 – Sur l’âne de Rogelio, avec Lorenzo.